Aller au contenu

Bienvenue sur le site de l'escadron 131st VFS 'Death Vipers', unité virtuelle évoluant sur le simulateur DCS World

Guide édition : Créer un groupe blindé cohérent


  • Vous ne pouvez pas répondre à ce sujet
Aucune réponse à ce sujet

#1

Dimitriov

    Nobilium vulgari

  • Lieutenant Colonel
  • Moniteur KA-50

Posté 16 octobre 2021 - 16:35

Très souvent, des missionmakers viennent voir les muds car ils ne savent pas quoi leur mettre en face. Ce petit guide a pour but de leur donner des pistes afin qu'ils puissent créer des ensembles à la fois cohérents et intéressants.

____________________________________________

I) Les fondamentaux.

Il faut déjà se mettre à la place non pas du joueur qui va faire face à votre dispositif blindé, mais à la place de celui qui le possède et le déploie. Un déploiement au sol obéit à des règles d'interdépendance entre chaque catégorie de véhicule et d'unité. Vous devez regarder chaque véhicule que vous mettez et vous poser la question : quel est son potentiel ? A quoi il sert ? Est-il adapté à la tâche que je lui demande ?

Exemple simple : Quelle est la différence d'emploi entre un BMP-2 et un BTR-80 ? Simple. Le premier est plus lent mais mieux blindé et beaucoup mieux armé que le second. Le BMP-2 sera un véhicule d'accompagnement d'unités blindées lourdes. Le BTR-80, lui, servira davantage au transport de troupes et à leur dépose dans des zones où l'intensité du feu est moins importante.

Un char d'assaut seul ne sera jamais visible que dans des groupes armés insurgés qui font feu de tout bois sans réelle cohérence. (Daesh, AQMI, Tchad...) Dés que l'on se trouvera face à une armée constituée, l'organisation obéira à trois questions fondamentales :

- Quel est l'objectif à atteindre ?
- Quelle est la pièce maîtresse que je déploie ?
- Quelle est la pièce maîtresse que l'ennemi déploie ?

L'on parle de pièce maîtresse car c'est sur elle que l'on compte pour emporter la décision finale. L'ensemble du dispositif agira de concert pour arriver à cet instant fatidique où la pièce maîtresse sera en position de porter ses coups. Dans le cadre d'un assaut mécanisé par exemple, il va de soit que la pièce maîtresse sera l'élément le plus lourdement mobile, armé et blindé, souvent le char d'assaut donc.

Mais cette pièce maîtresse ne sera jamais en position de servir si le dispositif qui l'entoure ne le lui permet pas.

II) Le dispositif autour de la pièce maîtresse

Pour permettre à cette pièce maîtresse de fonctionner, le dispositif qui l'entoure doit recouvrir autant de champs que la force qui l'emploie le permet. L'objectif de chaque adversaire ne sera pas tant de détruire la pièce maîtresse de l'autre directement que d'affaiblir le dispositif qui l'entoure pour en empêcher un usage efficace.

Ces champs sont :

- La reconnaissance.
- L'artillerie.
- La défense anti-char éloignée (Par HLO, aviation, voire ATGM tiré par la reconnaissance).
- La défense anti-char/infanterie rapprochée (Infanterie, blindés d'accompagnement)
- La défense anti-aérienne éloignée (Composante aérienne et SAM grande portée)
- La défense anti-aérienne rapprochée (Composante SAM et AAA courte portée)
- La logistique.

Ils se recouvrent les uns par rapport aux autres. Ceci entraîne que chaque composante doit pouvoir bénéficier du soutien des autres de manière ponctuelle. La pièce maîtresse, elle, en dispose de manière continue.

La pièce maîtresse n'est donc jamais seule. Ce fonctionnement ne change que très peu selon si la pièce maîtresse joue un rôle d'attaque ou de défense.

III) Des exemples et particularismes

- Chez les Soviétiques/Russes/Chinois

Le matériel ne manque pas, c'est donc à vous de partir de ce modèle et d'en retirer des composantes, ou encore d'en diminuer le nombre. Le dispositif classique s'adjoindra donc même des suppléments. Parmi eux, la force blindée préliminaire. Intercalée entre la reconnaissance et la pièce maîtresse (souvent des chars type T-80 ou T-72 dernier modèle), cette force est constituée de blindés lourds moins performants (T-72 ancien modèle, T-62, T-55) et a pour but, au mieux de percer la ligne, au pire d'en amoindrir considérablement les défenses.

En mission, considérez que face à ce type de puissance, le nombre sera toujours en notre défaveur.

Pour du T-80, pièce maîtresse, l'on trouvera :

- Plusieurs PT-76/BTR-80/BRDM-2/UAZ de reconnaissance en avant net du dispositif.
- Une ligne d'assaut de chars bas de gamme. (T-55, T-62, T-72A) accompagnée sur ses flancs de BMP-1 et BMP-2, voire de BTR-RD. Cette ligne déposera également de l'infanterie durant l'assaut. Les HLO seront employés en soutien direct de cette première vague.
- La ligne principale formée des T-80
- Sur ses flancs éloignés une escorte HLO si nécessaire
- Sur ses flancs rapprochés, une escorte de BMP-2 et BMP-3, avec défense anti-aérienne type Strela, Shilka, manpads si possible.
- Sur son arrière rapproché, une défense anti-aérienne un peu plus lourde. (SA-8 OSA, SA-15, SA-19)
- Sur son arrière lointain, le train de logistique qui attend que l'assaut se fasse avant de courir au ravitaillement.
- Sur l'arrière pays, une multitude de SAM très lourds qui piquent très très très fort.

Bref, les Soviétiques, on va éviter de trop s'y frotter tout de suite.


- Chez l'OTAN

Le dispositif sera globalement similaire, moins la vague de blindés bas de gamme.

- Chez un pays pauvre/Moyen Orient

C'est là que les choses peuvent en réalité devenir intéressantes. Ces pays (Syrie par exemple), n'ont jamais les moyens ni de déployer autant de matériel ni de couvrir tous les champs du dispositif.

Le matériel sera quasi-systématiquement d'origine soviétique, et datée. Oubliez d'office les T-80, les Soviétiques ne l'ont jamais exporté. Quelques T-90 épars seront le mieux à espérer, mais l'ossature principale sera du T-72 et 55. Vous devrez donc faire preuve d'analyse. Ma Syrie est-elle capable de déployer 400 véhicules là maintenant pour un combat ? Non évidemment. Alors que faire car il faut malgré tout mener le combat ?

L'amalgame. Vous allez vous faire une petite liste des véhicules et de leur nombre, en considérant que :

Le char moderne est rare et cher.
Le char moyen des années 70 est courant.

Cette classification est valable pour toutes les catégories de véhicules. Oubliez vos 40 Shilkas et 30 Strela. 1, 2, 3 de chaque maximum. Le SA-8 est une rareté, les SA-19 aussi. Ces véhicules sont souvent à l'arrière pour protéger les objectifs stratégiques (Bases notamment) Beaucoup de chars et blindés moyens, mais formant des groupes parfois hétéroclites.

Seule la logique de fond elle ne change pas. Ces véhicules doivent être employés pour recouvrir nos différents champs.

Un pick up est un excellent véhicule de reconnaissance, une voiture civile même. Appliquez ce raisonnement de manière globale, sans forcément non plus trop pousser. Bachar vient peut être de passer une grosse commande après tout, on sait jamais.

Le second point sera le commandement des troupes et la cohérence de leur dispositif. La guerre en Irak a démontré que le nombre ne sert à rien sans organisation derrière. Votre dispositif peut être erroné, plus d'actualité, voire désorganisé dans une certaine mesure. Ce qui est une organisation stricte dans le cas des Soviétiques ne s'adapte pas forcément bien aux armées de ces pays. A vrai dire, l'expérience des puissances du Golfe et du Moyen-Orient a pu démontrer qu'ils étaient affreusement mal commandés.

_______________________________

Bref, vous l'aurez compris, essayez de faire un ensemble qui soit cohérent. Oubliez les chars seuls. Aucun officier ne veut voir cela arriver. Je ne vais pas vous donner des exemples extrêmement détaillés, mais je pense que vous aurez cerné avec cette petite explication l'idée générale. L'objectif quoiqu'il arrive de notre côté, celui que vous donnez aux joueurs, pourra être de neutraliser la pièce maîtresse, ou un des éléments du dispositif jugé critique. Selon notre propre déploiement, ce peut être la défense anti-aérienne rapprochée ou éloignée, la reconnaissance, la logistique, l'accompagnement. Tout ce qui peut rendre la pièce maîtresse vulnérable aux unités classiques.

L'assaut direct sur la pièce maîtresse, si elle est protégée optimalement par son dispositif, ne doit être envisagé qu'en dernier recours. Mieux vaut encore une fois en empêcher l'utilisation par l'adversaire. A titre d'exemple, mieux vaut éviter les pertes et immobiliser toute l'armée d'en face en anéantissant sa logistique, que tout perdre en détruisant quelques chars.

Enfin, il faut noter que ce papier s'applique au cas du dispositif réfléchi à l'avance. En engagement improvisé, l'officier se contentera de chercher à reproduire et recompléter un schéma similaire dans la limite de ses moyens sur le moment.

Nicolas
Image IPBImage IPBImage IPBImage IPB



1 utilisateur(s) li(sen)t ce sujet

0 membre(s), 1 invité(s), 0 utilisateur(s) anonyme(s)