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Théorie de l'armement : Cours tactique n°1



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#1

Dimitriov

    Nobilium vulgari

  • Lieutenant Colonel
  • Moniteur KA-50

Posté 23 décembre 2018 - 18:47

Les cours tactiques ont un objectif simple : vous former à la stratégie et à la tactique, pour que vous puissiez en appliquer les enseignements tant en créant vos missions qu'en les jouant. Le format est expérimental.

Cours tactique n°1 : La règle des trois

L’usage d’une composante blindée sur le théatre d’opération ne saurait s’improviser, et en négliger certains aspects mènera systématiquement à une défaite cuisante face à un adversaire déterminé.

Le blindé lourd ne peut se suffire à lui-même. Il est lent, aveugle, et n’est apte qu’à la destruction d’une cible bien précise : son pendant du côté adverse.

I) De Napoléon


L’empereur Napoléon Ier a su marquer l’histoire par ses conquètes, conquètes qui se sont très essentiellement appuyées sur une doctrine militaire novatrice, préfigurant la notion moderne de l’armement combiné, et qui nous mène au concept développé ici de règle des trois.

En effet, il est important de constater une chose, et ce dés le départ : L’armement des forces napoléoniennes ne sera que rarement au niveau de celui de ses opposants. Tant en termes de portée que de cadence de tir, fusils et canons Français sont à la traîne. Pourtant, l’histoire ne racontera nullement les défaites successives de l’Empereur, seulement le fait que, partant de la Campagne d’Italie, il a porté le drapeau National jusque sur les remparts du Kremlin.

Cette performance s’explique sur plusieurs niveaux. D’une part, le génie stratégique d’un homme, qui s’est révêlé capable de prendre les bonnes décisions aux moments clefs. Mais aussi, peut-être même surtout, l’organisation générale de l’Armée Napoléonienne lui offre une très grande flexibilité, une excellente communication interne, lui permettant ainsi de disposer d’une capacité de réaction sans commune mesure à l’époque, menant tant à l’emploi de tactiques élaborées, qu'à enfoncer totalement le front adverse.

Elle s’explique par trois facteurs, qui restent aujourd’hui encore maîtres sur le champ de bataille : Reconnaissance, corps central, artillerie.

A) La reconnaissance.


Au sortir de la campagne de Russie, l’Empire, dont les troupes furent décimées par le froid, semble bel et bien perdu. De Vienne à Londres, bon nombre d’adversaires préparent dés lors la prochaine manche, qu’ils souhaitent décisive. Leur raisonnement est très simple : L’armée Française a disparu dans les neiges. Jamais l’empereur ne pourra à nouveau lever 500 000 hommes.

Et pourtant, ceux que l’Ambassadeur d’Autriche qualifiera bien vite de « nouveaux jouets de sa Majesté » sont très vite recrutés. L’Armée Impériale renaît de ses cendres. Mais alors pourquoi l’Empereur, malgré le fait qu’il gagne chaque bataille de la guerre qui s’en suit, se retrouve-t’il finalement à devoir abdiquer ?

La raison peut être trouvée dans un épisode resté célèbre, où, se trouvant face à l’Empereur lui-même qui demande son cheval, une fermière refuse de les lui donner au prétexte qu’elle lui a déjà donné ses trois fils.

Il est bien plus commun d’élever des enfants que des chevaux.

Durant la campagne d’Allemagne, l’Armée Napoléonienne voit, du fait des immenses pertes occasionnées par la campagne de Russie, le nombre de ses chevaux réduit au strict minimum. Mais ce n’est pas l’impact dans la bataille qu’il faut chercher. Il y’aura toujours assez de chevaux pour une passe d’armes. La cavalerie Française avait joué un rôle bien plus important que la simple charge durant les campagnes précédentes. Elle avait joué le rôle d’éclaireur, permettant systématiquement à l’Empereur et à son Etat-Major d’anticiper les mouvements de l’adversaire, en faisant des prisonniers, en observant l’ennemi au plus près.

En 1813, il manque à Napoléon sa reconnaissance, première composante clef du dispositif militaire moderne. Il n’a plus l’initiative, il ne choisit plus son terrain, il ne peut plus infliger de défaite décisive à l’ennemi.

Napoléon est vaincu à Leipzig, bataille qu’il n’a pas su préparer.

B ) Le corps central


Le corps central de l’armée Napoléonienne, est celui qui livrera la bataille. Si l’on se passera bien d’un descriptif précis des unités qui sont déployées sur le champ de bataille, l’on devra garder à l’esprit plusieurs caractéristiques communes entre chacun d’entre eux.

1) La présence d’un commandement de terrain.


L’allégorie du général chargeant à la tête de ses troupes n’est pas qu’une invention. D’Austerlitz à Wagram, d’Essling à Waterloo, les généraux Français sont systématiquement sur le terrain, au milieu de leurs hommes. L’intérêt, outre la galvanisation du moral, est avant tout stratégique. En permettant à l’officier de terrain de prendre des décisions, le dispositif Français devient flexible, et apte à parer à toute situation. Il dispose également d’une capacité organisée à communiquer avec les échelons supérieurs, ce qui procure à ces derniers des informations vitales sur le déroulé de la bataille.

2) Le soutien d’unités plus lourdes.


Du fait des capacités de commandement et de communication précédemment évoquées, le commandement peut à tout moment disposer des unités de réserve en appui d’un élément pris en faiblesse. De même qu’il peut utiliser une groupe pour mobiliser l’attention de l’ennemi, afin de frapper ailleurs. La diversion restera d’ailleurs l’un des éléments fondamentaux de la stratégie Napoléonienne, à tel point que l’on en vient parfois à se demander comment, après quinze années à ce rythme, après Austerlitz, les officiers d’en face parvenaient encore à tomber dans le panneau.

Mais l’Empereur est avant tout un artilleur. Il y a fait ses classes, et il sait parfaitement s’en servir.

C) L’artillerie


L’artillerie est la composante clef du dispositif de bataille. Il faut bien concevoir que certaines batailles virent jusqu’à 400 canons faire feu sur l’adversaire. Pourtant, les canons Français, qui reposent sur une version simplifiée du système Gribeauval (qui était lui-même une simplification du précédent modèle) disposent d'une cadence de tir et d'une portée très moyenne, le véritable avantage est approvisionnement général, une maintenance sans commune mesure avec la panoplie adverse. L’objet est la standardisation, qui permet dés lors un tir d’appui extrêmement nourri, et une réactivité extraordinaire. Napoléon fait entrer l’artillerie dans la guerre moderne, faisant précéder systématiquement toute charge par une canonnade, répondre à tout tir d’artillerie par un tir de contre-batterie. Elle permettra même, au matin d’Austerlitz, de briser la glace des étangs de Ménitz et de Satschant, coupant l’ennemi dans sa retraite, et noyant une part considérable de ses forces.



Ces conceptions, moyennant une adaptation et une remodernisation, sont tout à fait applicables au champ de bataille moderne, ce que nous allons maintenant voir.

II) A la guerre moderne.


C’est précisément dans une guerre où la communication est instantanée, où l’Etat-major sait en permanence où se trouve son armée, et où est celle d’en face, que la règle des trois brille par sa performance.

A) La nécessité d’une reconnaissance.


Autrefois portée par la cavalerie, la reconnaissance s’appuiera désormais sur un grand nombre de moyens. Sur le simulateur, nous en avons trois vecteurs à disposition : Avion, hélicoptère, et blindé. Toute offensive, toute escarmouche, doit être précédée d’une reconnaissance préalable, ceci afin de déterminer avec le maximum d’exhaustivité la composition des troupes adverses, et surtout, ses intentions. L’intention de l’adversaire doit être la préoccupation première de la composante de reconnaissance, car chaque mouvement de sa part la trahit. La présence de blindés lourds sur une partie du front n’a rien d’anodine, elle ne présage rien d’autre qu’une offensive sur ce secteur. La présence d’élements plus légers, elle, sous-entend que l’offensive principale pourrait très bien venir d’ailleurs, et probablement dans votre dos.

De même, repérer l’artillerie, qu’elle soit sol/sol ou sol/air, est primordial. Sa position, son orientation, son type sont autant d’indicateurs permettant de déduire l’intention de l’adversaire. Les conclusions sont alors très simples. Si d’aventure l’on constate que l’ennemi de prévoit pas de quitter sa position, éviter cette dernière pour mieux l’encercler par la suite est une solution intéressante. Il ne sert à rien de charger un carré, le siège est plus efficace, l’artillerie et l’aviation sont faits pour.
La reconnaissance a donc cet objectif simple et fondamental à tenir : déduire l’intention de l’ennemi. Elle n’a vocation à n’engager que des cibles spécifiques, ou pour se défendre.

B ) Le corps central


Le corps central ne regroupera jamais rien d’autre que les unités qui sont destinées à passer la ligne de front. Il est composé des blindés, de l’infanterie, et de la logistique dite de combat, à opposer à celle de repos, qui doit être gardée en réserve avec les autres unités.

Le char d’assaut en est aujourd’hui la pièce maîtresse, mais il ne peut rien seul. Il aura besoin pour protéger ses flancs de blindés rapides et mobiles, et pour sécuriser le terrain conquis de l’infanterie. C'est dans ce domaine là que l’aviation et les hélicoptères ont un rôle clef à jouer, en ouvrant un chemin aux forces au sol. Ces deux composantes n’ont pas, sur un schéma tactique, pour rôle de procéder à l’élimination de cibles éloignées du front. Elles doivent à tout prix mener des raids sur les premières lignes adverses afin d’affaiblir le front adverse, en coopération avec les JTAC présents tant dans le corps central que dans le groupe de reconnaissance. Le rôle de la force au sol est de finir de briser ce front, et de passer sur les secondes lignes.

Mais les choses deviennent bien vite plus complexes lorsque l’adversaire est également en mouvement. C’est là qu’intervient le groupement de reconnaissance : tout le jeu du corps central sera d’agir en fonction des intentions adverses, décelées par le groupe de reconnaissance. Sans quoi, c’est l’autre qui prendra le dessus, le corps central sera flanqué, et quel que soit le niveau de support auquel ce dernier à droit, il aura, au mieux, perdu l’initative, et ne sera plus en état de poursuivre l’offensive.

Toute planification préalable de l’opération doit donc être savamment et systématiquement remise en question une fois sur le terrain. Il convient pour ce faire de se reposer sur des officiers flexibles, intelligents, efficaces. La grande caractéristique de l’Armée Française de Mai 1940 est son degré inouï de sur-planification à l’avance, ne laissant aucune marge de manœuvre aux officiers de terrain. Le résultat parle de lui-même.

C) L’artillerie


L’artillerie se présente aujourd’hui sous trois grandes formes :
  • L’artillerie sol/sol
  • L’aviation et les hélicoptères
  • L’artillerie sol/air
Seules les deux premières nous intéresseront fondamentalement dans notre doctrine. L’objectif de l’artillerie est avant tout d’offrir le support nécessaire au bon endroit, au bon moment. Ses cibles prioritaires sont donc l’artillerie sol/air et sol/sol d’en face, et les positions retranchées. Elle devra également être apte à stopper une contre-offensive dans les délais les plus brefs. Il lui faut pour cela être organisée, échelonnée, et à disposition en permanence. Toute déficience de celle-ci mènera inéluctablement à l’effondrement du dispositif.

III) Pour conclure


Ce texte est un avant-goût d’une série de documents tactiques que je vous réaliserai. Il n’est pas parfait, mais permet je pense de donner quelques enseignements à titre d’introduction. Nous verrons par la suite l’usage détaillé des différents types de blindés, et leur interaction avec les différents aéronefs du champ de bataille.
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